Le diabète de type 1 dans les jeux vidéos

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Vous jouez aux jeux vidéos ? Sûrement. Vous avez déjà croisé des personnages DT1 dans un jeu vidéo ? Pas sûr.

Si la représentation n’est pas facile à trouver dans les films et les séries pour de nombreuses populations, plus on s’éloigne de ces médias mainstream, plus elle se fait rare encore.

Mais ça ne nous empêche pas d’en chercher, et d’en trouver un peu !

We Happy Few

We Happy Few est un jeu dystopique d’action-aventure et de survie à la première personne, sorti en 2018, à un moment où de nombreux jeux indépendants du même style étaient populaires. 

L’action se déroule dans un Londres effrayant du milieu des années 1960 après une version alternative de la Seconde Guerre mondiale. On y incarne alternativement 3 personnages, dont Ollie Starkey, qui vit avec un diabète de type 1.

Le personnage possède une jauge de vie et une jauge d’endurance, ainsi qu’une jauge de sommeil et une jauge de glycémie, qui influent sur la jauge de vie1.

Pour que la barre de vie ne soit pas impactée, la glycémie d’Ollie doit rester entre 0,7 et 0,42, elle est donc vraisemblablement mesurée en mmol/L.

Lorsqu’Ollie est en hypoglycémie, ses jauges de santé et d’endurance diminuent de 50%. Il insultera aussi plus fréquemment les autres personnages, et risquera alors de se retrouver dans des combats.

Lorsqu’il est en hyperglycémie, sa jauge de santé diminue de 1 % toutes les 8 à 10 secondes.

Pour se resucrer, Ollie peut manger différents aliments qui augmentent la glycémie comme suit :

Pomme 0,01
Seringue de glucose 0,4
Jus de pamplemousse 0,1
Miel 0,2
Grog d’Ollie 0,1
Tarte 0,7
Tranche de tarte 0,2
Pomme de terre 0,2
Pomme de terre pourrie 0,15
Sandwich 0,1
Scotch 0,1
Igname 0,1

Il peut également fabriquer des seringues de glucose à partir de seringues vides et de miel. Il s’injecte donc du miel directement dans le sang, en se piquant dans l’avant-bras, pour faire remonter sa glycémie. N’essayez pas de faire comme lui chez vous…

Pour faire baisser sa glycémie, Ollie s’injecte un antidiabétique effectivement utilisé dans le traitement du diabète à l’époque où se déroule le jeu. Mais c’est un médicament oral destiné à traiter le diabète de type 23,4, et dans les années 60, l’insuline existait déjà ! Quitte à fabriquer un médicament à base de charbon, de fleur et de champignon pourri (les ingrédients du médicament  dans le jeu), autant fabriquer le bon…

Dormir fait aussi automatiquement baisser sa glycémie de 0,01 par heure.

Côté humour, on peut obtenir le succès “Sugar Daddy” après avoir fait se piquer Ollie pour la dixième fois avec une seringue de glucose5.

Pour résumer, le diabète de type 1 est plutôt bien intégré au jeu, et sa présence dans un contenu autre qu’un jeu éducatif est assez rare pour être soulignée. Mais on y trouve encore quelques incohérences.

Diabète de type 1 dans le retro gaming : Captain Novolin

Si vous aimez le retro gaming, vous connaissez peut-être Captain Novolin, un jeu de plateforme sorti sur Super NES en 1992 et distribué aux Etats-Unis et au Canada.

A mi-chemin entre le jeu éducatif au diabète et le “vrai” jeu vidéo, il était sponsorisé par grand groupe pharmaceutique leader dans le diabète et destiné à apprendre aux jeunes enfants à gérer leur diabète. Mais il est sorti sur une console Nintendo et non sur PC comme la plupart des jeux éducatifs, et il a aussi un objectif propre : débarrasser la ville de DesPins des extra-terrestres, qui ont pris la forme d’aliments sucrés et kidnappé le maire.

On y incarne donc un héros qui vit avec un diabète de type 1, et le jeu a acquis une notoriété en dehors de la communauté DT1 en tant que l’un des jeux les plus mauvais jamais créé. En plus de jouer un héros qui meurt dès qu’il est en hypo ou en hyper, on fait face à une maniabilité très médiocre et des ennemis très difficiles à tuer ou éviter6.

Captain Novolin est peuplé de conseils de médecin, mais aussi de blagues d’un goût plus incertain comme le chef des extra-terrestres qui s’appelle “Grassouillet”.

Le jeu n’est pas forcément très clair sur ce qu’il faut y faire, comme ici où on ne comprend pas bien si on doit indiquer  son taux de glycémie ou choisir la quantité de son resucrage, et où il s’avère finalement qu’on préparait une injection d’insuline. Mais sans aucun chiffre, donc sans vraiment savoir quelle quantité on injecte, sinon c’est trop facile !

On repassera également sur la traduction en français avec le “rotie” et le “buerre d’arachide” au petit déjeuner, ou encore le “débardeur” qui nous donne “un chaussette”.

D’ailleurs, pour un·e novice en diabète et sans vraie explication de la part du jeu, on ne sait pas très bien pourquoi le “Débardeur” nous donne des chaussettes.

En bref, si vous voulez vous challenger sur un jeu difficile, essayez Captain Novolin. Sinon, ça ne vaut peut-être pas le coup. 

Le DT1 dans les jeux vidéos, ce n’est pas encore une affaire grand public, et c’est donc ici que s’arrête cette courte liste. Mais on espère bien la rallonger !

Sources :

  1. https://www.youtube.com/watch?v=OXeZxs0qW3s 
  2. https://we-happy-few.fandom.com/wiki/Ollie_Starkey 
  3. http://courseware.cutm.ac.in/wp-content/uploads/2020/06/hypoglycemicagents-180116083814.pdf
  4. https://www.sciencedirect.com/topics/neuroscience/phenformin
  5. https://www.trueachievements.com/a257387/sugar-daddy-achievement
  6. https://www.youtube.com/watch?v=_eNgRJ_QTBM 

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