Diabète de type 1 : des métiers interdits ?

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Des textes de loi interdisent l’exercice de certains métiers aux personnes vivant avec un diabète de type 1 : pompier, marin, pilote d’avion… La liste est longue. Mais elle commence à dater et n’a pas forcément pris en compte l’évolution des conditions de travail et de la prise en charge du diabète.

Des métiers très divers

Voici une liste des métiers et formations légalement interdits aux personnes qui ont un diabète de type 1 :

– Toutes les écoles militaires et les métiers de l’armée ;

– Les ingénieurs des eaux et forêts ;

– Les ingénieurs du génie rural ;

– Les officiers des haras ;

– Les agents des douanes ;

– Les agents de la sûreté nationale, les policiers ;

– L’école Polytechnique ;

– L’école des Mines, les ingénieurs ou adjoints techniques à la direction des Mines ;

– Les ingénieurs ou adjoints techniques aux Ponts et Chaussées ;

– Les contrôleurs de la SNCF ;

– Les contrôleurs ou inspecteurs de la Sécurité Sociale ;

– Les ingénieurs ou agents techniques géographes ;

– Les emplois à des postes de sécurité ou nécessitant un service actif de jour et de nuit (les services de lutte contre l’incendie, la surveillance dans les établissements pénitentiaires, l’aviation civile ou commerciale, les aiguilleurs du ciel, la marine marchande) ;

– Les emplois liés à la conduite d’un poids lourd, aux transports en commun, aux véhicules de ramassage scolaire, aux taxis et aux ambulances.

Des restrictions peu adaptées

Le souci, c’est que la plupart de ces textes sont très anciens. Ce sont souvent des arrêtés réglementaires, publiés à la fin des années 50. Depuis, les réalités professionnelles de ces métiers se sont transformées. L’évolution technologique a bouleversé les pratiques. La mécanisation a rendu les travaux moins exigeants physiquement, et surtout plus sécurisés.

La prise en charge du diabète de type 1  a aussi beaucoup changé : de nouveaux outils thérapeutiques sont apparus, facilitant énormément le quotidien des personnes qui en souffrent. Les pompes à insuline et les capteurs de glucose ont fait leur apparition. Les programmes d’éducation thérapeutique se sont généralisés. Il est ainsi plus aisé d’équilibrer son diabète qu’il y a quelques dizaines d’années.

Levée de bouclier des associations

Cette liste de métiers interdits est donc devenue en partie obsolète, et injuste. C’est ce qu’ont dénoncé la Fédération Française des Diabétiques et l’Aide aux Jeunes Diabétiques, à travers une campagne intitulée : « Je fais un vœu : choisir le métier de mes rêves avec mon diabète ». Une pétition est lancée pour lutter contre des « réglementations discriminantes d’accès au travail ».

Les associations proposent d’adopter une nouvelle catégorisation des métiers concernés par l’interdiction :

– Les professions justifiant a priori d’une incompatibilité avec le diabète : personnel navigant technique (aéronautique civile), contrôleur de la navigation aérienne, personnel des armées (et écoles militaires), fonctions de sécurité : réseau ferré national, sapeur-pompier

–  Les professions qui pourraient être compatibles au cas par cas : marin, personnel navigant commercial, police nationale, douanes (branche surveillance), officiers des haras nationaux, métiers nécessitant un permis de conduire.

– Les métiers qui devraient être accessibles à tous : Corps des ingénieurs, Ingénieurs des Ponts des Eaux et des Forêts, Ingénieur des Mines, ingénieurs géographes.

Elles ajoutent qu’il est déconseillé d’exercer :

– Les métiers conduisant à occuper des postes dits de sécurité : les postes où l’état de santé du salarié peut mettre en danger le salarié ou ses collègues, ou nuire à l’exercice de ses fonctions, comme par exemple le travail en hauteur, sur des machines dangereuses, le travail isolé, les postes d’agent de sécurité, les métiers du bâtiment etc.

– Les métiers nécessitant une très bonne acuité visuelle (les métiers de l’horlogerie, la mécanique de précision etc.)

Récemment, c’est le cas d’Alizée Augier qui a fait grand bruit : sportive aguerrie (championne du monde de karaté), après avoir passé avec succès les tests d’entrée à la police nationale, elle s’était vue « recaler » de la fonction, en raison d’une production insuffisante d’insuline.

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